Portrait #11 : le rock occulte d’AKASAVA

Rock. Sombre et puissant, mélodieux et rythmé, c’est ainsi qu’on définirait tant bien que mal l’alchimie d’AKASAVA. Ces havrais font rugir leurs amplis avec talent pour nous emporter dans une véritable litanie acoustique. Et on exagère à peine. Les mélodies sont prenantes, les changements de rythmes subtiles et les effets très étudiés. Un beau mélange et une complicité musicale qui saute aux oreilles dès les premiers accords, fruit du travail passionné des 4 compères. On a eu l’occasion de les retrouver lors d’une incruste privilégiée dans leur studio de répétition du Sonic, avec en prime une petite avant première de ce qui attend leurs fans dans les mois à venir. Et vu comment la mélodie nous est restée en tête toute la soirée, ça promet ! David, le batteur, a bien voulu répondre à quelques questions.


akasava Le Havre

David,

Quel est le parcours qui t’a amené à jouer avec Akasava ?

« Alors, à la base je connais bien Louis, le chanteur car on a commencé à faire de la musique ensemble en 2010/2011, dans un groupe de garage qui s’appelait « Cruel Spades ». Puis plusieurs années ont passé, sans que l’on ne refasse de musique ensemble. A l’été 2014, Louis revenait de Pologne et souhaitait commencer un nouveau groupe. Il m’a donc contacté, ainsi que Arnold et Amélie qui s’étaient déjà trouvés et on a commencé à répéter tous ensemble. Akasava était né ! »
Tu as commencé par la guitare il me semble. Qu’est ce qui t’a poussé à passer à la batterie ?
« En effet, j’ai commencé par la guitare, acoustique de surcroît, mon père joue de la guitare, donc il y à toujours eu une guitare qui traînait à la maison. A force de le regarder en jouer, ça m’a donné envie et j’ai commencé à la lui emprunter et à traîner sur internet pour trouver des tablatures de morceaux que j’aimais bien. J‘devais avoir 15/16 ans à l’époque. Et puis des années plus tard, vers 20 ans, à force d’écumer les sites de petites annonces, je tombe sur une batterie « Pearl » sur Rouen. J’en parle à mes parents et après maints efforts et plaidoyers, ils acceptent de me laisser l’acheter et c’était parti. Je commençais la batterie, entre deux je jouais déjà sur la batterie des potes quand on répétait, etc. »
akasava Le Havre
Vos mélodies sont prenantes et ont ce côté très rituel caractéristique du « Doom ». Revendiques-tu cette appartenance ou souhaites-tu t’en émanciper pour pouvoir passer à d’autres styles si l’envie t’en prend un jour ?
« Le Doom est un style que j’apprécie et écoute beaucoup, sans forcément le revendiquer, il m’influence majoritairement pour ce qui est de « mon jeu ». Pour ma pratique, je suis plus influencé par des batteurs que par des styles. J’aime beaucoup Christoph Bartelt du groupe de Stoner allemand « Kadavar », Adrienne Davis du groupe de Drone « Earth », Axel Sjöberg, un batteur suédois qui jouait dans « Graveyard », un super groupe. Et j’ai une immense admiration pour les batteurs de Jazz, tels Jo Jones, Max Roach ou Buddy Rich, et ce même si je suis loin de pouvoir jouer du Jazz !
Même si je suis principalement influencé par le Doom, je ne me revendique pas comme un batteur de Doom. De même, notre musique au sein d’Akasava, ne se résume pas qu’au Doom, étant donné les influences et styles de prédilections propres à chaque membres du groupe. Notre son se forme autour de divers courants de musique, qui vont du Prog au Psyché en passant par le Rock Alternatif et la Soul pour ne citer que ceux là. »
akasava Le Havre
Je te sais plutôt engagé socialement et un brin mélancolique. C’est ce qui te pousse à poursuivre sur une forme dérivée le mouvement rock, particulièrement ancré au Havre, qui a accompagné les revendications sociales dès les années 60 ?
« Non pas spécialement. Je ne renie absolument pas le fait que le Rock et la contestation sont intimement liés mais je pense que en 2017, le Rock, pour ce qui est des groupes actuels, n’a plus grand chose de « contestataire ». 
Personnellement ce n’est pas pour faire passer des messages politiques que j’ai commencé la musique et je n’en ressens pas le besoin. J’envisage la musique plus intimement, comme un moyen d’exprimer ce qui ne peux pas être dit ou écrit, de communiquer des émotions. Je sais pas encore trop bien ce que ça veut dire mais j’y travaille ! »
Vous avez fait deux grosses années de concert en 2015-2016 avec votre 2ème album sorti en novembre dernier. 
Avez vous des projets à dévoiler en exclu pour les Havraisemblables ?
« Et bien, on sera en concert le 16 Avril prochain au Mac Daids, avec « Gangbong », groupe Stoner Havre et les Doomeux Canadiens de « ZAUM ». On a hâte d’y être ! Sinon, on prépare du nouveau matériel, pas pour le 16 Avril mais qui sortira dans l’année !
Peut être également une opportunité de jouer à Londres mais rien de sur pour le moment. »
Un message à faire passer ?
« Merci aux Havraisemblables de nous avoir proposé cette interview, ça fait toujours chaud au cœur d’avoir du soutien, qui plus est, par des copains ! 
Sinon notre Skeud « Nothing at Dawn » est toujours en vente, on le jouera le 16 Avril et il sera en vente ce soir là donc hésitez pas à venir jeter une oreille !
Encore merci et à bientôt ! »
 
Merci David !
Il y a fort longtemps qu’un groupe havrais n’a pas franchi les frontières de Normandie pour quelques concerts. Et même s’il y a bien d’autres groupes havrais talentueux, nous on parie sur Akasava pour rompre prochainement ce malheureux rituel.
akasava Le Havre
Pour voir Akasava en concert au Havre, ça se passe le dimanche 16 avril (le lendemain c’est férié !) au Mac Daid’s.
Toutes les infos et contacts sur la page facebook d’Akasava.
Crédits photos : AKASAVA

Et vous, vous en pensez quoi ?