Le Jardin, refuge verdoyant de la dolce vita

Le Jardin Le HavreUne soirée d’été. Alors que le soleil déclinait vers le Bout du Monde, la ville se baignait d’une aura orangée qui venait déposer les premières fraîcheurs du soir. Une soirée radieuse s’annonçait pour prolonger une belle journée estivale passée à s’évader sur les galets, le genre de soirée qu’on apprécie pour sa rareté. Tout en observant les plagistes ranger maillots imprégnés d’iode et serviettes mouillées dans leur sac pour se précipiter vers les terrasses bondées de la promenade, nous options de notre côté pour une adresse moins évidente. Quelques marches gravies au dessus du front de mer et nous nous retrouvions loin de l’agitation du front de mer, au bout de la rue Joseph Morlent. Une rue qui, comme beaucoup d’autres, ne brillait jusqu’ici à nos yeux que par son ordinarité. Il nous fallut aiguiser nos sens un moment pour réaliser que cette allée en apparence sans intérêt de Saint Vincent se charge en réalité d’éloigner les âmes errantes pour préserver jalousement le sanctuaire qu’elle abrite. Nous venions enfin de trouver l’entrée colorée mais toutefois discrète de ce chemin de traverse que l’on pensait seulement accessible de bouche à oreille, un passage secret vers une dimension hors de la civilisation et qui préserve l’accès de ce restau répondant à ce nom reposant : Le Jardin.


UN REFUGE VÉGÉTAL AU BOUT DU DÉDALE URBAIN

Il faudra venir à bout des rues entremêlées de Saint Vincent, engorgées des voitures des badauds venus se tremper les pieds, pour réussir à dénicher cette adresse à l’abri des regards. Le long couloir d’entrée du Jardin vous transporte dans sa bulle, loin de l’agitation urbaine. Première étape d’un voyage initiatique vers un retour aux sources. On pénètre finalement en son bout sur une terrasse extérieure soigneusement aménagée pour profiter de la douce odeur du climat d’été. Ici, la nature a repris le dessus pour accueillir notre esprit hors de la ville tout en restant en son cœur. Et c’est bien le secret de sa formule.

Les pergolas végétales nous isolent de la grisaille environnante et obscurcissent les massifs immeubles de béton qui entourent cette oasis secrète. Les guirlandes assurent à la terrasse une ambiance tamisée pour préserver son intimité. On ne se sent ni dedans, ni dehors, simplement en stase entre deux états. Les plantes s’invitent discrètement aux tables de jardin. On se retrouve sans s’en apercevoir à un dîner champêtre derrière la maison de campagne familiale, si bien qu’on en oublie le toit végétal au-dessus de nos têtes. Si l’établissement s’intègre si bien dans la jungle urbaine, c’est qu’il a imposé sans conteste son attachement à la culture havraise, reconnaissable à la patte de Anozer qui enveloppe le visiteur dans son univers floral aux mille couleurs à l’entrée du sanctuaire.

DES SAVEURS MÉRIDIONALES DANS L’ASSIETTEIMG_2st9vk

Une fois avoir pris place sous les plantes grimpantes et s’être imprégné de la chaleur des braseros, une sensation non négligeable sous le ciel nocturne havrais, on découvre la carte d’une cuisine italienne raffinée et mise en valeur par un service soigné. On retrouve les traditionnels antipasti composés de carpaccios, charcuterie et de légumes grillés agrémentés de bresaola et de burrata. Les adeptes de pizzas y trouveront évidemment leur compte, mais les aventuriers en quête de nouvelles saveurs pourront, eux, revisiter l’escalope à la milanaise et se lancer à la découverte gustative des penne primavera ou des papardelles fraîches accompagnées de jambon de parme, roquette et buffala, le tout saupoudré de parmesan. Des recettes subtiles dont le mélange savoureux des produits frais produit en bouche un feu d’artifice méridional. Un vin italien, dont certains crus nargueront aisément la douloureuse, accompagnera notre palais dans son voyage gustatif avant de prendre le temps d’éplucher une carte des desserts plus modeste, incluant le traditionnel tiramisu et des délices sucrés plus classiques.

Une fois la rondeur du goût en bouche devenue forme de notre estomac, le bar adjacent à la terrasse qui tantôt nous passait des morceaux jazzy au service du cadre intimiste, nous invite maintenant à s’y accouder après repas pour y prendre un dernier verre. Un lieu de détente privilégié lors des soirées musicales, qui prend tout de même le soin de séparer ceux qui se restaurent de ceux qui s’abreuvent, tout en faisant profiter la musique à chacun. L’heure est déjà venue de quitter la chaleur rassurante des braseros et la bienveillance des étoiles pour se replonger subitement dans le calme nocturne de la rue déserte. La porte se referme derrière nous, Le Jardin a fait son oeuvre : maintenant que nous avons goûté au cadre apaisant de cette oasis bucolique, il nous tarde à notre tour de la conserver jalousement hors de vue.

Salle disponible en hiver.


Le Jardin

22 rue Joseph Morlent

Quartier Saint Vincent

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Le Jardin Le Havre

Crédit photos : Le Jardin

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