Portrait #05 : David Karsenty détourne nos icônes « SO CULT » de la pop culture

Portrait David Karsenty - CopieLa première fois qu’on voit Wonder Woman en train de flirter avec Pinocchio et Blanche Neige se dévergonder en graffeuse de rue, on se dit qu’Andy Warhol nous aurait caché un talent certain pour la parodie. C’est finalement en voyant Mickey porter un T-Shirt « LH » qu’on comprend que le pop art havrais a un nom : David Karsenty. On a fait la connaissance de l’artiste havrais qui détourne les icônes de la pop culture et les fait voyager à travers le monde, une idée devenue « SO CULT » qui n’est pas sans rappeler les nains de jardin d’une certaine Amélie Poulain. Rencontre avec un pop artiste qui fait grandir nos idoles, brisant au passage leur innocence et votre âme d’enfant.


David, en quoi ton travail est-il lié au pop art ?

« C’est tout naturellement que je me suis orienté vers le pop art. J’adore ce style. Je le traite à ma façon et d’ailleurs on ne peut pas dire spécialement que cela soit du pop art ! Je traite mes sujets de différentes manières : il y a bien sûr de fortes connotations de pop art, mais j’utilise aussi des techniques de travail empruntées aux artistes de rues. Je peux travailler avec des bombes de peintures, des encres, crayon gras, pastels, marqueurs, peinture acrylique, faire des lavis… j’utilise vraiment une palette très variée. Je n’aime pas m’enfermer et me contenter de travailler que sur un seul support comme la toile. Il m’arrive de bosser sur du papier, du bois, du plexiglass, de faire des collages et des stickers. Je collabore aussi avec des partenaires pour faire des produits dérivés comme des mugs et des T-Shirts. »

On peut effectivement voir tes produits dérivés au Local Shop. En quoi cherches-tu à diversifier ton art ?

« Aujourd’hui, un artiste ne peut plus se contenter de faire que des toiles. Il doit étoffer son champ de production et en ce sens, je rejoins la notion de pop artiste. Je suis toujours à la recherche de nouvelles choses, de nouveaux produits pour créer, mais aussi de nouveaux procédés que je peux marier avec l’art. Par exemple, lors de ma dernière expo au Havre, mes toiles étaient enchâssées dans des encadrements en plexiglass qui ont fait un tabac ! J’ai même sorti des sculptures avec ce procédé. Je travaille dans une démarche de démocratisation de l’art en faisant de produits dérivés. On peut avoir un peu de Karsenty chez soi si l’on ne peut pas s’offrir une toile : on peut acheter une litho numérique, un art print, un mug et bien des stickers ! »

Crédit photo : David Karsenty

Crédit photo : David Karsenty

Parle nous un peu de « SO CULT », ta marque de fabrique. Comment traites-tu la pop culture à travers tes œuvres ?

« Je travaille sur les icônes ultrapopulaires et souvent idolâtrées de la pop culture contemporaine, comme des stars de cinéma, des chanteurs et des héros de bande dessinée ou de jeu vidéo. Des personnages comme Blanche Neige ont marqué plusieurs générations, ils touchent tout le monde et ont marqué notre inconscient collectif. Je sors ces effigies de leur contexte que tout le monde connaît et les détourne alors vers un autre rôle, en les mêlant à des symboles connus de la société actuels. Ils grandissent et perdent leur innocence. C’est ainsi que sur sa litho, Blanche se voit porter un masque de graffeur avec le logo d’Apple, une pomme croquée, en hommage au dessin animé. On peut y voir un message humoristique mais aussi parfois un message plus satirique envers notre société surmédiatisée. »
Mickey et Blanche portent la marque « LH ». Comment allies-tu Le Havre à ton travail ?
« Le Havre est ma ville de cœur. J’aime ma ville, il y fait bon vivre et j’ai envie de la faire connaître d’autant qu’elle est de plus en plus attractive. Cela dit je trouve que les havrais ne prennent pas assez le temps de s’informer. Les racines de la ville ont hérité du sentiment que la culture est réservée à une élite confinée dans une galerie, c’est pourquoi j’ai envie de rendre l’art accessible et de l’apporter dans les foyers. Même si on a pas les moyens de s’offrir une litho, on peut toujours acheter un art print, un mug et les stickers. Des stickers qui portent la signature LH et que j’essaie de faire transiter dans le monde entier pour que l’on voit Le Havre partout. 

 

Peux-tu nous parler un peu du collectif dans lequel tu es impliqué, « The ArtFabric » ?

Crédit photo : David Karsenty

Crédit photo : David Karsenty

« Je fais partie du collectif « The ArtFabric ». Nous sommes des artistes du monde entier qui envoyons nos collages – soit des oeuvres entières, soit des détails d’oeuvres – à un couple qui a formé ce collectif. Le but est de démocratiser l’art en allant dans des endroits pauvres, surtout là où on ne s’y attends pas et là ou les personnes n’y ont pas accès. Nous apportons l’art à des personnes défavorisées : ces collages ont été effectués dans des favelas, des bidonvilles de São Paulo, du Chili, de Berlin… ils ont été posés dans le monde entier ! »

Ton travail s’est donc émancipé ailleurs. Où est-il exposé ?

« Je suis représenté par ma galerie de cœur : La Galerie Hamon. C’est par elle que tout a commencé lors de ma première expo en 2008 ! Je travaille également avec la Galerie Artclub à Paris, la Galerie La bohème à Deauville, la Galerie Nunc à Grenoble, mais aussi avec un marchand de Bruxelles et la Galerie Ricco en Corse, avec laquelle je vais commencer à travailler. »


Crédit photo : David Karsenty

Crédit photo : David Karsenty

Un mot sur l’avenir de « SO CULT » et ta contribution pour les 500 ans du Havre en 2017 ?

« SO CULT est devenu ma devise, elle est apposée sur toutes mes toiles. Elle va continuer son petit bonhomme de chemin. Je prépare une exposition pour le Havre pour Novembre 2016 au Théâtre de l’Hôtel de Ville, ainsi que d’autres événements avec des institutions du monde de l’art. J’ai aussi d’autres projets plus personnels : comme un livre regroupant tous les voyages qu’ont effectué les stickers, un site internet d’art-print, de nouveaux T-Shirts et les 500 ans du Havre… mais que je ne vais pas vous dévoiler maintenant évidemment ! »
Merci David !

David est exposé à la Galerie Hamon. Ses produits dérivés, mugs et T-Shirts, sont en vente au Local Shop et vous pouvez télécharger son appli DAVID KARSENTY sur Apple Store et Android.
Si après avoir vu Wonder Woman se jeter dans les bras de Pinocchio et Mickey passer du Côté Obscur, votre âme d’enfant est toujours intacte, rendez-vous à la galerie pour acheter les stickers. À votre tour de faire voyager LH, de prendre en photo les icônes de David lors de vos périples et de les diffuser sur sa page. Il se pourrait alors que partout dans le monde, on ait la preuve que les havrais ne manquent ni de culture, ni d’humour.

Photos David Karsenty

Crédit photos : David Karsenty

Et vous, vous en pensez quoi ?