Fifty’s American Diner : le burger havrais à la sauce vintage

Il y a ces plaisirs simples dans la vie. Ces plaisirs qui, même lorsque le monde entier semble partir en sucette et que l’on se met à douter, mettent tout le monde d’accord. Et s’il y a bien un sujet qui met tout le monde jouasse et nous redonne le sourire, c’est la bouffe. Alors cette semaine, on a décidé de vous faire plaisir : on s’intéresse au burger. Autrefois symbole de la malbouffe industrielle, aujourd’hui égérie incontestée des restaurants pour petits et grands, ce sandwich de fascination voit sa popularité exploser depuis des années. Alors on s’est mis en chasse rien que pour vous du burger made in LH. C’est ainsi que notre odorat avide et notre appétit insatiable nous ont mené jusqu’à cet établissement désormais culte : le Fifty’s American Diner.


Restau Fifty'sQuartier Saint-Nicolas un samedi soir. Les rues sont désertes et sombres sous la pluie battante de ce mois de novembre, mais une enseigne colorée semble illuminer tout le quartier à elle seule. Cette enseigne, c’est celle du Fifty’s American Diner, le temple du burger havrais que la plupart d’entre vous connaissent déjà et qui nous attire comme des mouches se dirigeant aveuglément vers un piège électrique.

Le Fifty’s, c’est la machine à remonter le temps qui vous ramène un demi-siècle en arrière aux Etats-Unis, le berceau du burger. Une déco vintage, colorée et chaleureuse illustrant largement l’âge d’or des diners américains. On se rue sur un de ces canapés rouges et moelleux qui semble n’attendre que nous et on s’installe. L’estomac gronde. On aurait envie de s’accouder au comptoir et de commander une part de tarte, comme dans ces films où le héros en cavale baisse sa casquette et croise deux flics à une table en train de manger des donuts. Mais l’heure n’est plus à la rêverie, la carte arrive et voici le moment le plus important de notre existence : le choix du burger.

Car ce choix est cornélien. A mesure que vos yeux balaieront les différentes options capables de vous rassasier, votre bouche se remplira tellement de salive que vous serez capable de vous noyer dedans. Ça tombe bien puisqu’on nous apporte un Dr Pepper, le cola outre-atlantique qu’on veut forcément goûter depuis qu’on a vu Forrest Gump en vider une vingtaine à lui seul. Une fois que vous aurez jeté votre dévolu sur votre proie, vous vous mettrez alors à fantasmer sur les assiettes qui circulent dans le resto. Un supplice que vous rappellera votre estomac et qui vous mettra à mal jusqu’à la délivrance de l’arrivée de votre assiette.

Burger Fifty'sEt là, c’est l’extase. On oublie le McDo et sa semelle noire. Mieux, on oublie le Memphis qui ressemble à une salle d’attente géante, avec son service lamentable et sa cuisine industrielle qui nous sert du carton dans ses assiettes. Au Fifty’s, Lise et Fabien vous servent une tour – un gratte-ciel – de viande, lard, crudités, sauces, fromages et pain. Un cocktail détonnant d’ingrédients frais, le tout servi avec un cornet de frites faites maison. Cerise sur le cheesecake, on entame la dégustation sur ce bon vieux Johnny B. Goode de Chuck Berry. A table.

Une assiette vide et un milkshake plus tard, on a l’impression d’avoir dévoré une vache entière. Mais peu importe, elle était quand même vachement bonne. Une fois nos jambes de nouveau capable de nous porter, on se résigne à quitter la table. On s’imagine alors mettre son cuir, sortir du restau et empoigner sa Harley avant de partir en trombe cheveux au vent. Le Fifty’s a encore fait voyager notre estomac ce soir, et c’est pour ça qu’on l’aime tant.


Restaurant – 35 rue Pierre Guinard, Quartier Saint-Nicolas

Fifty’s American Bistrot – 13 rue Bernardin de Saint Pierre, Quartier des Halles

Page Facebook du Fifty’s American Diner

Site du Fifty’s

Vos réactions sur “Fifty’s American Diner : le burger havrais à la sauce vintage

  1. Quelle écriture ! Le régal c’est de lire ces articles de bouffe qui n’ont seulement nous font saliver, nous donnent envie d’y courir, mais nous emportent aussi dans les délices du récit. Que du bonheur.

Et vous, vous en pensez quoi ?