Bibliothèque Niemeyer : remplacer la culture par la culture ?

 La semaine dernière, impossible de passer à côté de l’ouverture de la bibliothèque, qui nous a valu la  fermeture quatre ans plus tôt du Cabaret Électrique, centre névralgique du Rock’n’Roll en ville. Une fois de plus le paquet avait été mis sur le grand dada de nos élus : la communication. L’occasion pour la presse havraise de s’inspirer des communiqués de la mairie soigneusement peaufinés depuis des semaines ! Un espace familial, accessible, architecturalement inspiré. La perfection, vraiment ?


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Le pincement au coeur survient lorsque les portes automatiques, qui nous menaient autrefois en face du piano de feu le Cabaret Electrique, s’ouvrent sur les portiques antivol. Le bruit sourd des amplis est remplacé par les pleurs de gamins frustrés de s’être fait traîner un mercredi après-midi, leur mère étant trop impatiente de pouvoir enfin coller la carte de bibliothèque à côté de leur carte de fidélité Auchan.

L‘ambiance est étouffante, nous avançons donc rapidement pour soustraire nos oreilles aux vocalises de ces moutards emprisonnés. A peine le temps d’apercevoir du coin de l’œil l’enseigne All-in bagels, jadis réussite gourmande de l’Hôtel de ville, aujourd’hui partie s’enterrer entre l’accueil et les sanitaires. Nous nous retrouvons alors au niveau de l’emplacement de l’ancienne scène du Cabaret. Un espace immense, parcouru de salles de travail au calme remplies d’étudiants en cage, mais qui pour les avoir testé en conditions réelles, offrent un confort optimal (insonorisation, wifi, prises de courant).

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Puis vient le moment de pénétrer dans l’Atrium. Et même si ça nous fait saigner du nez, il faut bien admettre que la verrière, la noblesse des matériaux, les formes arrondies et la majesté de l’escalier central donnent le tournis. Septiques au départ, on se prend à flâner et à se perdre dans ces espaces redessinés. En se positionnant sur la coursive du premier étage, on se met à observer les personnes se plaçant là où nous étions quelques instants plus tôt. Toutes avaient le nez en l’air, hébétées et admiratives. 

Une chose est sûre, cette semaine, la bibliothèque Niemeyer était moins un lieu de lecture et de découverte qu’un musée de curiosité.


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Et vous, vous en pensez quoi ?